Les émotions

Paroles, paroles, paroles…

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Bavarder, causer, communiquer, converser, débattre, déblatérer, dialoguer, dire, discuter, disserter, s’exprimer, jacter, palabrer, raconter, s’adresser, se confier, s’entretenir, s’expliquer,… Si notre langue contient autant de mots pour désigner le fait de parler, c’est peut-être que la parole a quelque chose d’important pour nous, tu ne crois pas ? A quoi ça sert de parler ?

L’enfant et la parole

Tu n’étais même pas né.e que des mots se disaient déjà autour de toi ! Ensuite, en s’occupant de toi, tes parents, tes proches ont accompagné leurs gestes de mots. Si jeune tu ne les comprenais pas, mais ils étaient pourtant essentiels : pour se développer, un bébé a autant besoin de ce “bain de langage” que de tous les petits soins que l’on peut lui donner.

Petit à petit, tu as toi-même appris à te servir de la parole : en criant, en babillant, puis en formant des mots, des phrases de plus en plus complexes. Te voilà entré.e dans le langage pour de vrai, comme si tu devenais acteur de ton propre rôle ! Tu commences à te servir des mots pour demander, refuser, désigner, te souvenir, rêver… le monde qui t’entoure.

Les ados et les mots

Petit saut dans le temps : tu sais mieux t’exprimer, mais les choses ne sont pas forcément plus simples pour autant  ! Avec l’adolescence viennent plein de nouvelles questions, de nouveaux ressentis, de nouveaux désirs, de nouvelles peurs. Face à tout ça, la parole est parfois un atout, parfois pas !

C’est en parlant que l’on construit ses opinions, sa personnalité, ses goûts. La parole va te permettre de t’affirmer et défendre tes idées, de te rapprocher des autres, de nouer des liens amicaux, draguer, chuchoter des mots tendres à ton/ta chéri.e… Mais aussi de te détacher des parents, des adultes autour de toi, en employant (parfois) un langage « codé » qui n’appartient qu’à tes potes et toi par exemple. C’est ainsi que tu vas t’affirmer et construire ton identité propre.

D’un autre côté, l’adolescence peut aussi être une période où justement la parole pose problème…La communication n’est pas toujours aussi évidente qu’on le souhaiterait : entre ce que l’on a au fond de soi, ce que l’on essaie de dire, ce que les autres en comprennent… il y a parfois un gouffre ! Quand on a du mal à s’en servir ou qu’elle nous déborde, la parole peut aussi devenir source de souffrance.

• Je parle tout le temps

Certain.e.s ne peuvent pas s’empêcher de parler en permanence : de vraies pipelettes ! Pour faire le tri dans tout ce que tu ressens, tu as parfois besoin de débriefer le dernier épisode de ta série, de décrypter le regard que cette fille t’a peut-être lancé à la sortie du collège, voire de longuement réfléchir avec ta meilleure pote au sens de la vie. Si la parole est là pour créer des liens, passer des bons moments et refaire le monde… pas de souci.

Mais parfois, peut-être que c’est plus fort que toi, que tu parles même… quand il ne faudrait pas. Débordé.e par les mots, tu ne peux pas t’empêcher d’exprimer ce qui te passe par la tête, au risque de te faire remarquer par les profs ou de provoquer des brouilles avec tes potes. Peut-être même que tu finis parfois par n’être plus très à l’écoute des autres. Comme si tu te réfugiais dans la parole, comme si tu parlais pour ne pas avoir le temps de penser à ce qui te fait du mal, à ta tristesse, ton angoisse, ou ton sentiment de solitude par exemple… alors la parole devient envahissante et nous gêne.

• Je suis muet comme une carpe

Quand on vit des choses très fortes à l’intérieur de soi, ce n’est pas toujours évident de les exprimer. Lorsque tes parents te demandent comment tu vas, peut-être ne sais-tu pas comment leur répondre, et pour cause : tu ne le sais pas très bien toi-même ! Tu peux avoir besoin de te retrancher dans tes pensées, de soigner ton jardin secret, de t’enfermer un peu dans ta chambre pour rêver, imaginer, explorer des mondes virtuels… rien d’anormal !

En revanche, si prononcer quelques mots à haute-voix est un calvaire, si confier la moindre info sur toi te semble la pire des épreuves, si tu te sens incapable de demander de l’aide alors que tu souffres, c’est plus embêtant. Avoir besoin de se couper du monde de temps en temps pour se recentrer sur soi, ce n’est pas la même chose que s’enfermer dans la solitude et perdre peu à peu les liens avec ses proches… Tout est une question de dosage.

 

Si la parole devient envahissante ou qu’au contraire elle est bloquée au point que tu en souffres, que tu sois fâché.e avec les mots ou bavard.e… On peut en parler sur Fil Santé Jeunes ! N’hésite pas à nous nous écrire dans l’espace Pose Tes Questions.

 

Petit clin d’œil à notre titre :

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