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Publié le , Modifié le 30 septembre 2013

Anatomie d’un porno

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Plus on s’intéresse au cinéma porno, plus on s’aperçoit qu’il y a en fait des pornos et pas un porno. N’empêche que quand on clique sur un lien vers un site porno ou qu’on récupère un DVD prêté par un copain, on a quand même pas mal de chance de se retrouver devant un porno « gonzo » (c’est-à-dire un porno « bas de gamme »).

Lumière et décor

Ce qui frappe d’abord, c’est le décor et l’éclairage qui ne sont souvent pas « travaillés » : le canapé et les meubles ont l’air d’avoir été récupérés au fond d’un garage, l’éclairage conviendrait mieux au rayon « conserves » d’un supermarché qu’à un moment cinématographique torride. Certes, il s’agit de tout voir dans le moindre détail mais, justement, un professionnel de la lumière saurait éclairer un détail sans surexposer le reste. Payer le matériel et des professionnels compétents ferait sans doute baisser le bénéfice. Le cinéma porno rapporte beaucoup d’argent mais les films disposent de touts petits budgets.

Scénario zéro

Si on a de la chance, il peut y avoir un semblant de scénario, mais à peu près aussi élaboré qu’une histoire de Toto ! 

Par exemple : le plombier vient réparer la machine à laver, ou une infirmière vient soigner un malade particulièrement vigoureux, ou une étudiante a un truc à demander à sa ou son prof après le cours.

Dans tous les cas, on a affaire à la version caricaturale du plombier, de l’infirmière ou de l’étudiante : le premier est nu dans un bleu de travail élégamment tâché ouvert jusqu’au nombril, avec une boîte à outils qui pourrait tout aussi bien être celle d’un menuisier des années 50 ; l’infirmière elle aussi est nue mais sous une blouse comme on n’en voit jamais dans les hôpitaux, avec des bas, des porte-jarretelles et des talons aiguilles qui, chez une véritable infirmière arpentant des couloirs huit heures par jour, déclencherait un gonflement de pieds éléphantesque.  L’étudiante a forcément une jupe écossaise super courte et des chaussettes bien tirées sur les mollets…

Il y a peut-être des films où l’infirmière, le plombier et l’étudiante font des trucs ensemble… Un porno « carnaval » en quelque sorte…

C’est comme ça que les producteurs de porno imaginent nos fantasmes… Alors si ce qui nous fait fantasmer est plus « original » – comme faire l’amour en cuisinant une tête de veau, par exemple – on n’a plus qu’à se faire son cinéma personnel dans sa tête (ça marche mieux et c’est gratuit) !
Evidemment, tous ces plombiers, garagistes, ramoneurs, infirmières, étudiantes, riches veuves, etc… ont des corps modifiés à un degré d’artifice qu’on ne rencontre jamais dans la vraie vie.

Pénis = érection

Les hommes sont tout le temps en érection. Pendant un tournage de film porno, il y a toujours un garçon ou plusieurs en train de se masturber de façon plus ou moins discrète. C’est comme ça qu’on se concentre et qu’on se prépare à tourner quand on travaille comme harder.

Dans la vraie vie, heureusement pour les pénis, leur propriétaire et leurs partenaires, l’érection n’est pas permanente. Et heureusement ! Un homme a diverses activités pendant lesquelles il n’a pas d’érection ! Ce qui fait d’ailleurs l’intérêt d’une érection, pour tout le monde, dans la vraie vie, c’est justement qu’elle n’est pas permanente. L’érection vient avec le désir, qui vient souvent avec la rencontre.

« Je te prends, je te retourne Thérèse » (extrait du film Le Père Noël est une ordure)

Dans le porno, l’ordre des actions se succède selon un rythme immuable, quel que soit le nombre de partenaires ou l’orientation sexuelle des protagonistes : caresses manuelles, rapports bucco-génitaux, pénétration(s), éjaculation(s) sur le ventre, les fesses ou le visage du ou de la partenaire.

Tout ça se fait dans une précipitation certaine et plutôt avec brusquerie. Dans la vraie vie, l’ordre dans lequel se succèdent les jeux sexuels et les caresses est du ressort de la fantaisie de chacun et de l’inspiration du moment. Au cours d’une relation sexuelle, il peut y avoir des moments « torrides », et il y aussi des temps lents. Les sensations sont tout aussi fortes, voire plus, dans le ralentissement des mouvements. Cette dimension-là est complètement ignorée dans la grande majorité des films pornos.

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