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Publié le , Modifié le 4 juillet 2016

L’héroïne

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héroineAux sources de l’héroïne on trouve l’opium, un produit d’origine naturelle provenant d’une plante, le pavot. L’opium a donné la famille des opiacés, qui recouvre différentes substances telles que la morphine, la codéine ou la méthadone.

Avant d’être détournées en drogues de synthèse, ces produits restent initialement utilisés comme médicament pour leur rôle sédatif, apaisant. Aussi appelée « héro » ou « came », l’héroïne est la plus puissante des opiacés.

L’héroïne se présente sous la forme d’une poudre blanche, ou de granulés bruns ou gris à écraser. Elle est le plus souvent injectée par voie intraveineuse. On parle alors de « fix » ou de « shoot ». Parfois mélangée avec de la cocaïne, on parle de « speedball ». L’héroïne peut aussi être inhalée, sniffée, ou fumée en étant mélangée à du tabac.

Durée des effets

Les effets de l’héroïne, prise en intraveineuse ou par l’inhalation de la fumée, sont immédiats. On parle de « rush » (signifiant « la montée »). Lorsqu’elle est fumée ou sniffée, les effets sont moins rapides et moins intenses. La durée des effets de l’héroïne varie entre 4 à 6 heures pour l’héroïne brune, et de 8h à 12h pour l’héroïne blanche.

Effets recherchés

C’est un « flash » de plaisir qui est recherché, cette sensation brève et très intense d’euphorie et d’extase où la réalité disparaît. En tant qu’antidouleur très puissant, l’héroïne provoque un profond apaisement faisant oublier la douleur physique et psychique, une forte sensation de relaxation, une réduction de l’anxiété, une somnolence, un ralentissement de la respiration et une diminution des réflexes. Ces effets qui semblent positifs, laissent vite place à des effets nettement plus dangereux.
L’héroïne a des effets anxiolytiques et antidépresseurs car elle favorise la création de dopamine, un neurotransmetteur agissant sur la sensation de plaisir.

Effets secondaires, effets indésirables

L’héroïne est une drogue aux effets secondaires nombreux et très dangereux. Chaque prise engage le pronostic vital.
Dès la première consommation, l’effet de bien-être intense est suivi d’une sensation de somnolence, souvent accompagnée de nausées, de vomissements, de vertiges, d’un ralentissement du rythme cardiaque, de constipation, de démangeaisons, d’un assèchement de la bouche et du nez.

Lorsque la consommation devient régulière, on observe une perturbation du sommeil, une altération de la dentition (déchaussement des dents, augmentation du risque de caries, inflammation des gencives), des signes de dépression, des troubles respiratoires, une détérioration des performances intellectuelles, une perturbation du cycle menstruel chez la femme (absence de règles ou règles pénibles et douloureuses), des troubles de la sexualité, des douleurs musculaires et osseuses, des carences nutritives, des sueurs froides, des boutons d’acné sur le corps et sur le visage et des démangeaisons importantes.

Effets à long terme, risques et complications

La consommation régulière d’héroïne a des conséquences dévastatrices sur le corps et sur le psychisme. Les risques et les complications sont graves et peuvent être mortels.

L’héroïne est une drogue extrêmement addictive, car la tolérance au produit s’installe très vite. Le consommateur ressent rapidement le besoin d’augmenter la quantité et la fréquence des prises pour ressentir les mêmes effets. La dépendance survient au bout de quelques semaines seulement, parfois quelques jours. Une fois accro à l’héroïne, la recherche et l’utilisation de ce produit devient le principal objectif dans la vie de l’usager. Celui-ci oscille entre des états de soulagement euphorique et des états de manque, provoquant anxiété et agitation. Cette dépendance conduit presque toujours à des risques importants de marginalisation sociale.

Aussi, des troubles comme l’anorexie et l’insomnie apparaissent rapidement.

La surdose (ou overdose) à l’héroïne se produit lorsque la quantité administrée dépasse la limite tolérée par l’organisme. Elle survient le plus souvent après un trop fort dosage d’héroïne, suite à une consommation après une période d’abstinence,  provoque une dépression respiratoire, avec cyanose (coloration bleuâtre de la peau), très souvent mortelle.

L’injection en intraveineuse comporte de multiples risques d’infections. D’une part, elle expose à des infections de la peau et des tissus (abcès ou œdèmes des mains et des pieds), des infections du sang pouvant conduire à des complications cardiaques, des infections pulmonaires, et des risques de réaction allergique entrainant une fièvre de plus de 40°C, des convulsions, une tétanie (contraction involontaires de certains muscles) et des fortes angoisses. D’autre part, ce mode de consommation représente un risque élevé de transmission du VIH et de maladies contagieuses (hépatites B et C par exemple), notamment à cause de l’échange de seringues et de matériel entre consommateurs.

Pour enrayer le phénomène de contamination, une politique de réduction des risques a été mise en place à partir de 1987, puis inscrite dans la loi depuis 2004. Elle prévoit par exemple la vente en pharmacie pour 1 euro, de Stéribox (kit stérile de matériel pour injection) ou l’ouverture de salles de consommation à moindre risque (SCMR, appelées aussi « salles de shoot »).

Pour arrêter

La dépendance induit un syndrome de manque à l’arrêt de l’héroïne. Ce syndrome est très intense et douloureux, notamment lorsque l’arrêt est brutal. Il présente de nombreux effets secondaires et indésirables. La phase du manque peut durer plus d’une semaine mais ne constitue pas de risque mortel. Les usagers, même après avoir cessé d’en consommer, restent souvent et longtemps soumis à des altérations de l’humeur et à un fort désir de reprise de drogue (« craving »), cause de fréquentes rechutes. C’est pourquoi le sevrage doit se faire avec l’assistance d’un médecin ou d’une aide extérieure. Le traitement médical peut prendre la forme d’une procédure de sevrage, en hospitalisation ou à domicile avec une supervision médicale, ou d’une prescription de traitement de substitution (médicaments).

Pour tout renseignement ou aide, la ligne Drogues Info Service vous répond au 0800 23 13 13 (gratuit et anonyme de 8h à 2h). De nombreuses informations sont également disponibles sur le site internet www.drogues-info-service.fr.

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