Violences sexuellesVivre sa sexualité

La sexualité : un produit comme un autre ?

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Peut-on vendre son corps comme on vend une paire de chaussure ? Est-ce que des pratiques sexuelles peuvent s’échanger, par exemple contre de l’argent, des cadeaux, voire de l’attention ou de l’amour ? Liberté ultime pour les uns, limite infranchissable pour les autres, difficile d’avoir un avis nuancé sur le sujet… C’est pourtant le pari qu’on s’est lancés !

Le corps sexualisé.

Il existe tout un nuancier de pratiques dans lesquels on sexualise plus ou moins son corps, c’est-à-dire qu’on en fait un objet de désir sexuel, afin d’obtenir quelque chose en retour (argent, attention, notoriété, etc.).

C’est le cas par exemple dans la publicité où l’on trouve des acteurs.rice.s à moitié-nu.e.s dans des positions très suggestives jusque sur des emballages de presse-agrumes ! Histoire vraie : une collègue a acheté un presse-agrumes sans même se rendre compte qu’on y voyait une femme aux cheveux roux (orange comme les 🍊, c’est subtil…) dans une pose tendancieuse, c’est dire comme on y est habitué… Autre exemple, autre style : les réseaux sociaux ! Nombreuses sont les photos ou vidéos dans lesquels on expose son corps pour obtenir « vus » et « likes ».

A l’autre bout du fil, il y a la pornographie, où les acteur.rice.s « jouent » avec leur corps, le mettent en scène et, grâce aux performances qu’ils/elles réalisent, gagnent de l’argent ; jusqu’à la dernière étape, la prostitution où, cette fois, on ne « joue » plus.

Réglementariste ou abolitionniste ?

Sur la prostitution, on peut distinguer deux opinions opposées.

Le réglementarisme d’abord, qui défend l’idée selon laquelle la prostitution devrait être autorisée mais réglementée, c’est-à-dire qu’elle devrait être encadrée par des textes de lois, des institutions, etc. C’est le cas dans certains pays étrangers comme en Hollande par exemple, où les prostitué.e.s peuvent exercer légalement dans des lieux prévus à cet effet – c’est le fameux « Quartier rouge » d’Amsterdam !

Puis il y a les abolitionnistes pour qui la prostitution doit être interdite. C’est aujourd’hui la position officielle de la France. Précisons cependant que la loi ne condamne pas les prostituées car elles sont considérées comme victimes de la prostitution. Ce que la loi punit c’est le fait d’exploiter une personne en monnayant ou en organisant des actes sexuels contre de l’argent. Donc ceux qui commettent une infraction ce sont les clients et les proxénètes.

Hier, aujourd’hui, demain.

Mais les choses n’en ont pas toujours été ainsi. Notre regard sur la prostitution n’a cessé de changer à travers notre histoire.

Il y a eu des périodes où la prostitution était tout à fait acceptée et ne représentait pas du tout une activité professionnelle « marginale ». Par exemple, aux alentours des années 1910, on estime que près d’un quart des hommes parisiens avaient recours aux services des prostituées (les pratiques étaient très genrées : les clients sont des hommes, les prostituées des femmes).

A d’autres périodes en revanche, la prostitution a été interdite et les prostituées très largement marginalisées. C’est le cas à la Renaissance, sous une bonne partie de l’Ancien Régime et, également, aujourd’hui.

Tarifer son corps, c’est quoi le problème ?

Mais alors, c’est quoi le problème avec la prostitution ? Pourquoi est-ce qu’on n’aurait pas le droit de disposer librement de son corps et de tarifer, si on le désire, des pratiques sexuelles ?

Il y a d’abord des raisons philosophiques. En France, notre corps n’est pas considéré comme un bien comme les autres, ça n’est pas une propriété. C’est pourquoi je n’ai pas le droit de vendre un organe ou que lorsque je fais un don de gamètes (spermatozoïdes ou ovules) je fais… un don précisément ! Je ne reçois pas d’argent en retour.

Puis il y a des raisons plus pragmatiques. Par exemple, la France s’oppose à la prostitution au nom de la lutte contre le trafic d’êtres humains. Elle considère que le risque est trop grand que des personnes malveillantes abusent de la pauvreté ou de la fragilité d’autres personnes pour les entrainer dans la prostitution et s’enrichir en les exploitants.

Mais c’est justement pour cela que les réglementaristes veulent légaliser la prostitution : ils pensent qu’en l’officialisant, on pourra plus facilement la contrôler donc en prévenir les abus.

Reste la question morale… La prostitution, moralement, c’est bien ? c’est neutre ? c’est mal ? A cette question, chacun jugera selon ses valeurs. Nous, sur Fil Santé Jeunes, on s’abstient : on n’est pas là pour en juger ni te juger, quel que soit tes opinions sur la question. Tout ce qu’on peut faire, c’est être là pour toi en cas de besoin ou de pépin. Alors dans ce cas, n’hésite plus : appelle nous !

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2 commentaires

  1. Bonjour,
    Votre article est très intéressant et utile pour les jeunes. Mais il y a un e erreur sur la position de la France sur la prostitution. Elle n’est pas « abolitionniste ». Car les femmes majeures ont le droit de se prostituer, depuis 2016 elles ne sont plus en infraction. En revanche, ce sont les clients (et les proxénètes) qui sont en infraction. Le principe c’est que le prédateur sexuel est en faute, mais que la personne qui se prostitue est une victime donc on n’en rajoute pas en la poursuivant.
    Soulignons bien que les personnes mineures, elles, n’ont pas le droit de se prostituer (jusqu’à 18 ans c’est interdit), elles sont en infraction, et relèvent de la protection du juge pour enfants.

    1. Bonjour,
      Merci pour votre commentaire et votre lecture attentive de notre site. Nous avons nuancé notre propos et mis à jour l’article. La France est bien abolitionniste mais pas prohibitionniste sur ce sujet. Mais vous aviez tout à fait raison notre article méritait une précision pour les victimes de la prostitution.
      Bonne journée.
      L’équipe Fil Santé Jeunes

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