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Publié le , Modifié le 2 mai 2017

Se nourrir : ce n’est pas que manger

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Manger est un besoin primaire indispensable à la vie. Dès notre venue au monde, la journée est rythmée par les repas. Mais se nourrir ce n’est pas qu’une nécessité vitale, c’est aussi un plaisir, une culture, des sensations, des émotions…

Manger ça a un sens ? Oui, 5 même !

Le goût est évidemment en première ligne. Il s’enrichit à l’adolescence, on apprend alors à apprécier de nouvelles saveurs comme l’amertume du chocolat noir, l’acidité du citron ou le sucré-salé… On redécouvre aussi des plats qu’enfants on n’aimait pas et on apprend à les apprécier. Un nouveau monde s’ouvre.

L‘odorat est tout aussi important que le goût en lui-même. En effet, la saveur d’un aliment passe aussi par son odeur. Ceux qui le veulent peuvent essayer (pour voir) de manger en se bouchant le nez. La nourriture devient beaucoup plus fade.

La vue est elle-aussi très importante, par exemple une merveilleuse crème à la vanille… bleue, même si elle peut être drôle, ne donnera pas forcément envie de la déguster. Un plat de pâtes un peu mieux présenté que d’habitude peut devenir meilleur alors que l’on pensait le connaître par cœur.

L’univers tactile est aussi présent. Les aliments ont une texture et une température particulière : savoir profiter du fondant, de la rugosité, de la fraîcheur ou de la chaleur d’un aliment peut être un petit instant de bonheur.

Quant à l’ouïe, elle intervient aussi dans le plaisir que l’on a à manger : qui n’a jamais salivé à entendre du pain croustiller sous la dent ? Qui n’a jamais été alléché par le craquement du pop-corn des voisins au cinéma ?

Ces 5 sens créent une « image sensorielle » dans notre cerveau – et chaque aliment, chaque plat a son image sensorielle propre. Par exemple, quand tu t’apprêtes à manger une glace, tu t’attends à ce qu’elle soit froide, sucrée, crémeuse et dans une palette de couleurs connues.
Cela signifie aussi que les aliments sont liés à ce que nous avons « vécu » avec eux. Nous associons à la nourriture des sensations, des souvenirs, des personnes, des moments… Ainsi, chaque glace que tu manges peut te rappeler tes vacances au bord de la mer :yes:.

Comment se forment nos goûts alimentaires ?

Tu as déjà remarqué comme les repas sont différents d’une famille à l’autre ? Toi aussi, en mangeant chez des amis, tu as sûrement été surpris-e par les aliments qu’ils associent, la manière dont ils les cuisent (ou ne les cuisent pas), l’ordre dans lequel ils les mangent…
Au cours de notre développement, nos goûts se forment de manière très complexe. D’un côté la génétique (chaque personne aime ou n’aime pas tel ou tel aliment, c’est personnel) et d’un autre côté l’éducation familiale. Selon ce qu’on nous propose à manger, notre goût se façonne peu à peu sur le plan physiologique : on préfère ce qu’on a pris l’habitude de manger.
Nous ne percevons pas tous les aliments de la même manière. Si pour certains l’odeur des poireaux est insurmontable, pour d’autres elle est alléchante :yahoo:.
Notre goût est influencé par bien d’autres facteurs : notre entourage, notre culture, l’endroit où l’on vit, nos émotions…

L’influence de la culture

Chaque culture entretient un rapport particulier à l’alimentation : selon l’endroit où l’on vit, il existe des traditions alimentaires différentes.
On ne mange pas non plus pour les mêmes raisons selon les pays. Certains pays mettent l’accent sur la santé, d’autres privilégient la qualité, d’autres encore la convivialité. Mais bien souvent, manger regroupe toutes ces dimensions, peu importe où on se trouve.
Au final, la cuisine est influencée par la culture parce qu’elle rassemble des pratiques, des règles, des normes, des représentations. Si ici manger avec les mains est un signe de convivialité, là-bas ça peut être perçu comme un manque d’éducation.

La nourriture émotionnelle

Notre façon de manger et notre équilibre émotionnel sont étroitement liés. Nous mangeons différemment selon que nous sommes joyeuse ou triste, détendue ou stressé, enthousiaste ou déçue…
Par exemple, les étudiants mangeraient plus pendant leurs examens, sans avoir de troubles alimentaires spécifiques. Ce serait un comportement assez universel de manger plus pour diminuer les émotions négatives. En effet, manger apporte un plaisir immédiat qui apaise temporairement la tristesse. C’est un comportement qu’on peut aussi observer suite à une rupture amoureuse.
Manger n’est pas la seule solution possible pour réguler tes émotions, tu peux aussi les écouter, les comprendre, en parler….
En fin de compte, la nourriture touche à peu près tous les aspects de nos vies : nos identités, nos cultures, nos relations, nos sociétés, notre santé… Lorsque l’on parle d’alimentation, on ne parle pas uniquement de se nourrir ! Et c’est ce qui en fait quelque chose d’aussi intéressant !

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