L'image

Violence et images

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miroirAlors que c’était impensable il y a encore 40 ans, on peut maintenant voir tous les jours des scènes de violence en 2 dimensions : télévision, internet, mms ont fait entrer dans nos vies des images où violences réelles ou jouées nous apparaissent comme des banalités.

Les images violentes ne nous font pas la même chose qu’une scène de violence qui se déroule devant nous…

… pourtant, si on réfléchit et que l’on s’imagine la scène en 3D, cela devient nettement moins excitant ou fascinant. C’est juste effrayant ! Imaginez-vous dans le bus et quelqu’un se faire attaquer par un groupe sans raison, frapper à terre sous vos yeux pendant qu’un copain filme la scène avec un portable. Effrayant, non ! Mais, la magie de l’image rend ça limite normal et l’agresseur devient une espèce de héros. Le problème, c’est que peu à peu, on s’habitue à voir de la violence et, si dans la réalité, on est confronté à elle, on peut, pour se protéger du choc, faire comme si ce n’était que de l’image et traiter l’évènement comme un film…

Pourquoi est-on fasciné par ces images qui n’ont pourtant rien d’agréable ?

Dans la vie de tous les jours, on est amené à vivre des choses désagréables, voir des images angoissantes, dégoutantes ou effrayantes en sachant qu’on « choisit » de les regarder nous entrainerait à mettre des mots sur nos émotions désagréables. On dit avoir « la rage » ou « la haine », or, il est rare que l’on ait vu beaucoup d’enragés ou de haineux. Pourtant, on s’imagine facilement la tête et l’état d’esprit de quelqu’un d’enragé.

De plus, ces images permettent de créer des liens entre ceux qui les voient. Elles sont tellement horribles ou angoissantes qu’elles deviennent un sujet de discussion : images de guerre du 20 heures, débat sur le super film de la veille où on voit machin se faire tabasser, mini scènes que l’on s’envoie via le portable.

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Mais attention, danger, il ne faut pas laisser son esprit critique aux vestiaires  !

Chez certains, ces images peuvent servir de prétextes pour le faire aussi… Heureusement, ces cas sont rares. Garder un esprit  critique permet aussi de ne pas confondre vidéo-gag et happy slapping : la scène de la mariée qui se gaufre dans la pièce-montée n’a rien à voir avec celle de la jeune femme qui se prend une gifle en allant travailler, il y a alors un agresseur et quelqu’un en état de choc. Garder un esprit critique, c’est aussi pouvoir réfléchir aux images des actualités sans être capter dedans. Au delà du sang, il y a la guerre, les attentats. Pouvoir réfléchir à la violence, c’est aussi se positionner en tant qu’adulte de demain sur le monde que l’on veut.

Ces images existent, elles circulent, elles font partie de la société d’aujourd’hui. Il faut donc « faire avec ». Il serait donc dommage de juste les regarder ou de les subir, c’est à dire d’être absorbé-e dedans au point d’en être au bout d’un moment quasi-anesthésié-e. Elles peuvent, bien au contraire, être un sujet de discussion, un sujet qui fait mûrir et grandir. Pour ça, il faut se souvenir qu’elles ne sont pas des images comme les autres !

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