Violences intrafamiliales: comprendre, repérer, demander de l’aide
La famille est un environnement censé apporter de la sécurité, du soutien et de l'amour. Mais pour certains, c'est un lieu de peurs, de coups, de cris, de silences pesants. On peut alors parler de violences intrafamiliales. Explorons ensemble ces violences et comment y faire face.
COMMENT LES IDENTIFIER ?
Les violences à l’intérieur de la famille peuvent venir d’un parent, d’un frère, d’une sœur, d’un beau-parent, d’un-e conjoint-e ou d’un autre membre de la famille… C’est un comportement répété qui vise à maintenir un pouvoir ou un contrôle sur quelqu’un. A travers la violence, c’est comme si tu n’existais plus, comme si tu devenais un « objet ». Une dispute, un désaccord, ça peut arriver, mais la violence est la limite à ne pas dépasser. Tu peux être toi-même victime de violences, mais aussi témoin de violences dans ta famille. Etre témoin de violence c’est aussi être victime.
Les violences intrafamiliales peuvent prendre plusieurs formes:
- Les violences physiques : ce sont des coups, des bousculades, des objets lancés ou tout autre geste qui fait mal. Ça peut laisser des marques physiquement. C’est la forme la plus visible.
- Les violences psychologiques : ce sont des insultes, des humiliations (« T’es nul-le. », « Tu sers à rien. »), des menaces, de la manipulation ou du chantage affectif (« Si tu m’aimais vraiment, tu ferais plus d’efforts. »), de la pression, un contrôle excessif de tout ce que tu fais…
- Les négligences sont aussi des violences psychologiques : le rejet, l’isolement, le manque d’écoute, l’absence de soins, de protection peuvent être tout aussi douloureux. Tout cela peut détruire ton estime de toi.
- Les violences sexuelles : elles sont caractérisées par des attouchements, des rapports forcés. C’est quelque chose que tu ne souhaites pas, c’est une agression qui t’est imposée par un membre de ta famille. Et ce sont des choses graves. Pour la justice, c’est un crime.
Tu peux te rapporter à notre article sur les différentes formes de violence
Tout ça n’est pas normal, ni acceptable et peut être puni par la loi ! Et toi, as-tu l’impression d’être victime ou témoin de violences au sein de ta famille ?
QUELLES CONSEQUENCES SUR MOI ?
Quand on grandit, quand on vit des violences, on peut croire que c’est normal, car on ne connaît rien d’autre. Ce sont nos repères mais selon la loi, ce n’est pas acceptable.
Un ou plusieurs signes peuvent t’alerter :
– Ton corps est douloureux.
– La peur, la colère ou la tristesse viennent t’envahir régulièrement.
-Tu peux ne plus rien ressentir, te couper de tes émotions (dans ce cas, c’est une forme de protection pour ne pas ressentir la douleur.)
– Tu peux observer des difficultés à te concentrer.
– Un repli sur toi.
– Une mauvaise estime de toi.
-Tu n’arrives plus à gérer ton sommeil
-Tu n’arrives plus à gérer ton alimentation.
–Tu te fais du mal à toi-même à travers différentes pratiques comme des scarifications, des addictions avec ou sans produits.
C’est ta façon à toi de réguler des émotions que tu ne peux pas exprimer. Tu fais comme tu peux ! Ce n’est pas toi le problème, c’est la situation que tu vis au sein de ta famille qui pose problème.
Tu as le droit de dire STOP, mais comment faire ? Comment réagir si tu es concerné-e par de la violence intrafamiliale ? Sache que ce n’est pas de ta faute et que des solutions existent.
POURQUOI JE N’ARRIVE PAS A EN PARLER ?
A travers la manipulation et le chantage affectif, tu as l’impression que tu pourrais être égoïste. Ce n’est pas à toi que revient la responsabilité de rendre heureux les membres de ta famille.
Être aimé-e, ce n’est pas renoncer à être soi. Tu peux ressentir divers sentiments qui t’empêchent d’en parler. Tu te demandes si ce n’est pas de ta faute, si les membres de ta famille ne vont pas t’en vouloir, si ça ne va pas « détruire ta famille ».
- La honte : Tu as honte, tu as peur du regard des autres et de ce qu’on pourrait penser ou dire.
- La peur : Tu as peur de trahir ta famille en parlant. Tu aimes la personne qui te fait du mal malgré tout et tu as peur que ça lui crée des ennuis. Tu as peur de la/les décevoir. Tu as peur des conséquences, de ce qui pourrait t’arriver et leur arriver. Tu veux protéger tes parents, mais ce n’est pas ton rôle. Il peut aussi y avoir la peur de te retrouver isolé-e , d’être placé-e en famille d’accueil ou dans un foyer, si tu es mineur-e.
- L’espoir : Tu te dis que ça va changer, que c’était juste une fois, que c’est n’est pas très grave, que c’est normal, que c’est pour ton bien.
En parler, c’est te protéger. De plus, cela pourrait aussi permettre à ton/tes agresseurs d’être aidés, de recevoir l’accompagnement nécessaire pour aller mieux. Une assistante sociale, une aide éducative peut être proposée par exemple.
A QUI EN PARLER ?
Tu as le droit de parler à une personne de confiance et raconter ce qui te fait souffrir : un adulte dans ton entourage, un ou une ami.e, une infirmière, un.e psychologue scolaire ou tout autre professionnel de santé. Des numéros ou chats existent aussi. Ils peuvent t’écouter et t’aider dans ce que tu traverses :
le 39 19 « Violences faites aux femmes ».
Fil santé jeunes
Ce sont des numéros gratuits.
Si c’est trop dur d’en parler ? Garde des preuves, si possible. Si c’est sans risque pour toi, tu peux noter ce qu’on t’a dit ou fait, en précisant les endroits où cela s’est passé, le jour, l’heure, les personnes présentes, garder des photos, des certificats médicaux. Ces preuves pourront t’aider, si un jour tu souhaites en parler à la police. Tu as le droit de porter plainte même si tu es mineur.e. Le mieux, parce que ce n’est pas évident, c’est d’être accompagné par une personne majeure de confiance.
En cas de crise, de danger immédiat, essaie de trouver un endroit sécurisant et contacte les secours (Police, Pompiers)
N’oublie pas : Aucun membre de ta famille, ni personne d’autre, n’a le droit de te faire du mal.
Même si tu entends « C’est pour ton bien ». L’amour d’un parent ou d’un autre membre de ta famille ne doit pas faire mal, ni créer de la peur. Vivre en sécurité, sans violence, est un droit. Tu as le droit d’être protégé-e.
C’est la responsabilité des adultes autour de toi de prendre soin de toi. Ne reste pas seul-e avec les violences que tu peux vivre ou dont tu peux être témoin.







