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Publié le , Modifié le 12 janvier 2017

L’interview du mois : Philippe, 21 ans

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gay flagPhilippe, jeune homme de 21 ans a bien voulu se prêter au jeu de l’interview. Nous l’en remercions !

Vers quel âge et comment as-tu compris que tu aimais les garçons ?

Je l’ai compris vers la fin de la seconde. J’avais une amie sur internet avec qui je parlais de plein de trucs dont les relations amoureuses. A force je me suis rendu compte que j’aimais les garçons en fait !

Te souviens-tu de ce que tu as ressenti à ce moment-là ?

Je me suis senti différent d’un coup, comme exclu de ma famille et je pense que ressentir ça a fait que je me suis auto-exclu en quelque sorte aussi.
J’ai aussi réalisé qu’il y avait des filles que j’avais eu l’impression d’aimer alors que finalement ça n’avait pas été le cas. Je me souviens que quand un copain à moi me disais « je suis amoureux de cette fille », je répondais « moi aussi ! ». En fait, je faisais juste comme les autres garçons… Je pouvais trouver une fille jolie, bien habillée mais rien de plus finalement.

Comment s’est passé ton coming-out ? Avec les ami(e)s ? Ta famille ?

Ça s’est fait en plusieurs temps. La première personne à qui j’en ai parlé a été ma tante dont je suis proche, puis ma belle-sœur et la meilleure amie de ma mère. J’en ai parlé avec ces personnes pour savoir comment en parler avec ma mère ensuite. J’ai  choisi des personnes en qui j’avais confiance et qui étaient proches d’elle aussi.

Et ensuite tu as pu en parler avec ta mère ?

Après oui, j’en ai parlé avec elle mais pas en face à face. Je n’avais pas le courage alors je l’ai fait par Facebook. A l’époque j’avais deux profils Facebook différents : un axé « famille » et un autre où je discutais avec d’autres jeunes homosexuels. C’était pas toujours facile à gérer car j’avais l’impression d’avoir deux vies différentes, il ne fallait pas se tromper. C’est comme si c’était deux facettes de moi, et mises ensemble c’était moi.
Si j’ai voulu en parler à ma mère à ce moment-là, c’est parce que j’avais rencontré un garçon sur internet, on se parlait très souvent, on se voyait par webcam et j’avais l’impression d’être amoureux. Je voulais partager ça avec elle.

Comment a-t-elle réagi quand tu lui en as parlé ?

La première chose qu’elle m’a dite a été «  surtout n’en parle pas à ton beau-père sinon il te mettra à la porte ». Je l’ai évitée les jours qui ont suivi car je ne savais pas ce qu’elle en pensait. Puis c’est redevenu normal comme si je n’en avais jamais parlé. Ça a duré comme ça pendant des mois. C’était dur à vivre car en plus à ce moment-là j’ai été forcé de le dire à mes ami-es.

Que veux-tu dire par « j’ai été forcé » ?

J’avais un profil sur un site internet dédié aux personnes homosexuelles avec ma photo et il y avait un autre garçon dans mon lycée qui y était aussi, alors ça s’est su. J’ai eu le droit à des moqueries par rapport à mon homosexualité. On m’a aussi menacé de publier mon profil dans tout le lycée. Je n’étais pas bien, j’angoissais de plus en plus puis j’ai décidé d’en parler à des ami-es très proches. Ils ont bien réagi, l’ont gardé pour eux et ça nous a même rapprochés. On pouvait parler de plein de nouveaux sujets !

Quels conseils pourrais-tu donner aujourd’hui à un ou une jeune qui souhaiterait faire son coming-out ?

(Long silence). D’en parler à des personnes de confiance quand vraiment on se sent prêt soi-même. Prêt à en assumer les conséquences. Pas forcément d’attendre que la personne en face soit prête à entendre ce qu’on a à lui dire.

Que veux-tu dire par « conséquences » ?

Les conséquences positives comme négatives. Soit l’acceptation, une réaction positive de la personne à qui on en a parlé soit les remarques blessantes ou le rejet même s’il est temporaire. C’est plus facile d’encaisser, de passer au-dessus quand on va bien que quand on va mal.

As-tu été victime d’homophobie ? Qu’as-tu ressenti par rapport à ça ?

Malheureusement oui. Déjà j’entendais mon beau-père dès la primaire, parler de moi aux autres en disant « il va finir PD ».
Au lycée c’était des menaces et des moqueries. Ça se passait surtout dans certains cours et dans le bus scolaire. Il est aussi arrivé qu’on me crache dessus.

Au début, j’ai essayé de les ignorer en me disant qu’ils allaient finir par se lasser. Je voulais aussi essayer d’être plus intelligent qu’eux en ne répondant pas à leur provocation. J’ai donc encaissé alors que j’avais aussi des problèmes dans ma famille. On pourrait penser que c’était surtout les garçons qui s’acharnaient mais il y avait aussi les filles. Une chanson moqueuse sur mon homosexualité, par exemple, c’était un groupe de filles.

J’ai fini par me renfermer, j’allais de plus en plus mal et je n’avais plus aucun endroit où je puisse me sentir bien, en sécurité, tranquille vu qu’à la maison ça n’allait pas non plus.

A un moment, je n’en pouvais plus et je suis allé voir une surveillante du lycée. Je lui ai d’abord demandé quelles sanctions pouvaient avoir des élèves qui s’en prenaient à un autre. Elle a rapidement compris que quelque chose n’allait pas alors j’ai pu lui raconter. Elle est ensuite allée en parler avec la proviseure adjointe et la CPE a été informée. J’avais aussi contacté SOS Homophobie, ils ont une plateforme pour les jeunes. Il y avait une écoute rassurante par téléphone, ça m’apaisait mais sur le moment.
Après, la CPE en a informé ma professeure principale qui a fait passer des messages de tolérance dans son cours à travers un texte.

Et quels effets cela a eu sur les élèves ?

Ça a eu un effet positif sur eux mais juste pendant quelques semaines, après ça a recommencé. La bande qui m’embêtait le plus a été reçue par la CPE et ne m’a plus harcelé après. Mais ça a été dur pour moi car j’ai mal vécu que cette bande n’ait eu aucune sanction. J’étais quand même allé à l’hôpital une semaine à cause de cette bande, tellement ça m’avait fait du mal à force.
J’ai mis plusieurs années à me remettre de ça. J’avais peur de les recroiser et j’angoissais.

Comment te sens-tu aujourd’hui par rapport à ton orientation sexuelle ?

Libéré, délivré ! On pourrait même citer quasiment toute la chanson d’ailleurs :yes:. Depuis que j’en ai parlé aux personnes qui comptent pour moi, même si ça a mis du temps, je ne me sens plus exclu, je me sens normal avec l’impression d’avoir ma place auprès de mes proches. Je suis libre de parler de ma vie sentimentale avec qui je le souhaite.

Comment te projettes-tu dans 10 ans ?

(Long silence). J’espère avoir une vie stable, autant professionnellement que sentimentalement. Construire ma famille, venir librement aux réunions de famille avec mon copain, vivre heureux comme n’importe quel couple tout simplement !
Et j’aimerais ajouter une phrase que m’a dite ma mère il n’y a pas longtemps et qui m’a beaucoup touché : « quand on aime une personne, peu importe qui elle aime, on doit avant tout l’aimer comme elle est ».

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2 réflexions au sujet de « L’interview du mois : Philippe, 21 ans »

  1. C’est super comme histoire, moi j’ai 15 ans, je suis abrosexuelle et tout le monde autour de moi l’a bien pris, je n’ai pas été embêtée à ce propos.

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