Idées noires

Un de mes proches s’est suicidé

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suicide-procheUn ami, un parent, un proche a mis fin à ses jours, c’est incontestablement un choc. Quelles que soient les raisons pour lesquelles notre proche a pris cette décision, le suicide est un acte extrêmement perturbant, trahissant toujours une grande souffrance. Alors on peut se poser de multiples questions : « Est-ce que c’est de ma faute ? », « J’aurais pu l’aider ? », « Pourquoi il/elle ne m’en a pas parlé ? », « Et moi, c’est quoi mon rapport à la mort ? »… La tristesse de la perte, du deuil, peut être troublée par des émotions difficiles à comprendre et à analyser.

Vivre le suicide d’un proche nous confronte à la mort et aux différentes étapes du deuil  tels que la sidération, le déchirement, la colère… Mais la particularité d’une mort par suicide c’est que l’on peut ressentir d’autres émotions.

La rancœur

Il/elle a pris une décision terrible dont on peut se sentir exclu. On peut alors trouver l’autre égoïste, lui en vouloir. Notre proche a pu nous dire au revoir, savoir que ce serait la dernière fois que l’on se verrait, s’embrasserait, s’engueulerait… mais il nous a coupé notre droit à lui répondre. Certains peuvent aussi avoir l’impression que l’autre avait des secrets, qu’il ne nous faisait pas suffisamment confiance. Le projet de se suicider est souvent un projet réalisé en cachette. On peut aussi se sentir soumis face à une décision, lourde de conséquences pour celui qui est mort évidemment, mais aussi pour soi.

La culpabilité

Bien souvent on s’en veut également à soi. On s’en veut d’en vouloir à l’autre, mais aussi en cas de suicide de ne pas avoir pu dire, faire des choses qui auraient permis à notre ami, notre parent, notre proche de trouver une autre solution à ses souffrances. Impossible de s’empêcher de se dire « et si j’avais dit/fait ça… Si j’avais été plus/moins… ». On peut même avoir honte. On peut alors se mettre à croire que « tout » est de notre de faute… De la même manière que l’on se met à croire que l’on aurait pu « tout » changer… Mais nous ne sommes pas des super-héros. Et on ne peut pas « tout » changer comme on n’est jamais responsable de « toute » la souffrance de quelqu’un.

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Le suicide est-il héréditaire ou contagieux ?

On entend parfois que comme une maladie, la mort, le suicide tout particulièrement, pourrait se transmettre. Le suicide n’est pas ni héréditaire, ni contagieux. Pourtant il vient nous interroger au plus profond de nous-mêmes. La mort par suicide d’un proche peut faire vaciller nos propres fondations. Tout particulièrement à l’adolescence où l’on se construit on peut alors avoir l’impression que c’est une solution à nos éventuels problèmes. Mais le suicide n’est jamais une solution aux problèmes. Cela ne fait que nous empêcher de vivre et laisse les problèmes non résolus.

Ce qui peut nous aider

Quand on est confrontés à une mort par suicide c’est un moment où l’on peut s’interroger sur ce qu’on appelle des questions existentielles : « Qui suis-je ? », « Pourquoi je vis ? », « Est-ce que tout cela a un sens ? », « Y a-t-il autre chose que la vie après la mort ? »…

Depuis toujours ces questions se sont posées. Chacun, chaque culture, chaque religion a tenté d’apporter des réponses. Partager ces questions avec d’autres, mais aussi partager des moments où l’on pense à celui qui est mort, cela peut nous aider. Si pendant un temps on a besoin d’être seul, on a aussi besoin des autres, d’être entouré par d’autres. S’isoler ne ferait qu’accentuer notre détresse.

On peut avoir du mal à partager ce que l’on ressent et avoir l’impression que personne, jamais, n’a vécu la même chose ou avoir peur que les autres nous jugent. La souffrance est quelque chose d’intime. Mais nos amis, nos parents, nos proches même si l’on pense qu’’ils ne nous comprennent pas, par leur présence, leur bras réconfortants, un geste d’affection, un sourire peuvent nous donner de l’amour et du soutien. Cela nous permet aussi de continuer à vivre les moments qui nous plaisaient. Et dans ces moments-là ça compte, ça fait du bien. Il ne faut pas s’en priver.

Et si tout se mélange et que ça s’installe…

Les quelques phases que nous avons décrites se mélangent souvent, sont plus complexes parfois, se manifestent bizarrement… S‘il est normal de ressentir tout ça un moment, il arrive que l’on soit submergé par la violence de nos émotions ou qu’elles s’installent et cherchent à nous bousiller l’espoir.

La vie est une succession de moments où l’on subit et où l’on agit sur les événements. L’équilibre veut que l’on ne fasse pas que subir… Si tu as l’impression que la tristesse, la colère ou le désespoir sont devenus des compagnons du quotidien il est temps de consulter un professionnel pour rétablir l’équilibre.

Appelle nous au 0800 235 236 pour échanger sur ces questions. N’hésite pas nous sommes là pour toi !
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