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Publié le , Modifié le 1 février 2020

Les violences verbales : quand les mots frappent, et blessent

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violences-verbalesContrairement aux violences physiques, les violences verbales ne laissent pas de traces visibles à l’œil nu, mais leurs effets peuvent être tout autant redoutables. A l’école, au sein de la famille, du couple ou dans la rue, elles sont les formes de violences les plus fréquentes et ne laissent personne indifférent. Ces « espèce de ****», « sale **** », « » ou « gros *** » à répétition ne touchent pas la peau, mais s’immiscent en dessous et peuvent engendrer des blessures ravageuses. De l’injure ponctuelle au harcèlement en passant par la taquinerie, focus sur ces coups invisibles aux blessures bien réelles.

Du mot aux maux

Qui n’a jamais dit « t’es con-ne ! » à son/sa meilleur-e ami-e !? Entre potes, les gros mots peuvent être une marque d’affection, une taquinerie, signifiant seulement « tu déconnes là ! », « il/elle a osé ! », « tu me fais rire ! ». C’est un langage codé, impersonnel, un signe d’amitié, c’est juste pour rire. Selon le lien entre les personnes, le ton employé et le contexte, les noms d’oiseaux ne visent pas forcément à être blessants. Ils peuvent même être des petits surnoms affectifs ! Mais attention à leur impact !

Car sous couvert d’humour, les insultes sont banalisées. Lorsqu’elles sont répétées, elles peuvent atteindre l’autre, le heurter, malgré leur première intention. Celui qui reçoit l’insulte n’en a plus la même représentation que celui qui l’émet. Il ne voit plus la plaisanterie mais prend ça personnellement, comme une attaque. Progressivement, la goutte d’eau peut faire déborder le vase. Donc consommez les taquineries avec modération, et variez-les !

Mais la plupart du temps, ce qu’on appelle « violences verbales » visent à causer de la peine, à faire mal, à blesser l’autre, à l’agresser. Elles prennent différentes formes : insulte, injure, moquerie, préjugé, rumeur, propos homophobe, discrimination raciale. Ce qui peut être un mot banal en surface peut avoir des conséquences impensables sur autrui, pouvant aller jusqu’à le détruire.

Pourquoi les mots peuvent faire si mal ?

Quand un mot blesse, il y a violence. On ressent un coup au cœur, pouvant engendrer un mal-être plus ou moins profond, plus ou moins intense. La douleur vient du fait que les mots nous touchent dans notre intimité et notre intégrité. C’est notre être tout entier qui est touché en plein cœur par ces mots. Qu’ils génèrent honte, peur ou colère, ces mots affectent nos capacités et blessent ce que l’on est. Porte ouverte au non-respect et à la dégradation, l’insulte frappe l’identité elle-même.

Mépris, rejet, stigmatisation, humiliation, intimidation, provocation : tant de mots en « tion » qui entraînent un sentiment d’exclusion. Les violences verbales focalisent sur un trait, alors perçu comme un défaut. Notre identité se retrouve résumée à ce trait, car nous sommes réduits à un préjugé. Pointé du doigt, on se sent exclu, rejeté, banni. Ce sentiment se trouve amplifié lorsque les insultes entendues en public sont alimentées par l’effet de groupe ou répétées.

Que faire ? Auteur, victime : tous concernés !

Auteur : Nous éprouvons tous de l’agressivité à certains moments. Ressentir de la violence, de la colère et vouloir l’exprimer est normal et nécessaire à son équilibre. Ce qui ne l’est pas, c’est la rejeter sur quelqu’un d’autre, à ses dépens. Parce que le langage soulage, insulter peut être un moyen (nocif et momentanément seulement !) d’exprimer son agressivité. Mais l’autre n’a pas à être ton punching-ball !

Derrière l’agressivité se cache très souvent une souffrance, une fragilité ou une peur. Les injures et moqueries peuvent cacher une image de soi négative, une difficulté à dire ce qu’on ressent, à s’affirmer et à se (faire) respecter, un sentiment d’échec, de la jalousie, etc. Ainsi, pour se protéger, on va se moquer de l’autre car il nous renvoie quelque chose que l’on ne veut pas reconnaitre en soi, qui nous fait peur ou que l’on a du mal à assumer. C’est ce que l’on appelle la « projection » en psychologie. Si, en groupe, tu te moques ou insultes pour te sentir puissant et aimé, as-tu ce même sentiment et cette même assurance quand tu te retrouves seul ?

Il est important d’être à l’écoute de sa violence. Il ne faut pas la refouler. La reconnaitre et l’accepter peut permettre d’en faire une énergie, en trouvant un mode d’expression différent, créatif, pour la dominer (le dessin, l’écriture, la musique, le sport…). Parler à un professionnel pour essayer de cerner les causes de sa violence peut aussi être un moyen de ne plus la subir et de la transformer.

Victime : Combattre le mal par le mal, répondre à l’insulte par l’insulte, n’est jamais une solution. La réaction violente, la surenchère, n’engendre qu’une escalade de l’agressivité, du conflit et de la haine. Quand les mots ne suffisent plus, les actes prennent le relais… Malgré l’intensité des émotions, il faut essayer de réagir d’une manière calme et contrôlée. Ne pas répondre par l’attaque, c’est être mature car c’est être capable de se protéger. Apaiser les tensions ce n’est pas être faible, c’est être responsable et garantir une issue que l’on peut (encore) contrôler. Tu peux tenter de renvoyer à ton agresseur – d’une voix calme c’est encore mieux ! – les causes possibles de son agressivité, cela va le laisser bouche bée et justice sera rendue 😉 !

Identifier puis accepter ce qui t’a fait mal te permettra par la suite d’imposer ta limite, de dire « non ! Je n’accepte pas ! ». Chacun a ses propres limites, et personne ne peut déterminer pour toi où ta limite se situe. Imposer sa limite, c’est remettre du respect là où l’insulte l’a nié. Ne pas le faire, c’est risquer que la violence, et la souffrance qu’elle engendre, se retourne contre toi ou contre les autres. Aussi, être à l’écoute de ta blessure te permettra d’en apprendre davantage sur toi-même, de connaitre tes fragilités. L’exprimer à ton agresseur peut être un moyen de le déstabiliser, car il ne peut contester ta souffrance.

Que tu sois auteur, victime ou témoin de violences verbales répétées, et lorsque le dialogue est impossible, il est important d’en parler pour sortir de l’isolement et briser la loi du silence. En parler à un adulte viendra désamorcer le conflit entre l’agresseur et la victime, et fixer une limite.

Lorsque ces violences ont lieu à l’école, un professeur, l’infirmière scolaire ou ton CPE peut être cette personne ressource. S’il te semble difficile d’en parler en face-à-face, tu peux dans un premier temps appeler Fil Santé Jeunes au 0 800 235 236 ou par chat’, ou encore écrire dans l’espace  « Pose tes Questions » respective. Ces services sont gratuits et anonymes.

Les violences verbales frappent le respect de l’autre, indispensable pour bien vivre en société. Il est indépendant des sentiments : on peut ne pas aimer une personne mais la respecter. Apprendre à connaitre l’autre dans ses différences et les respecter est la meilleure prévention aux maux des mots !

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16 réflexions au sujet de « Les violences verbales : quand les mots frappent, et blessent »

  1. Bonjour,je me fait insulter tout les jours de ”grosse” ”grosse vache ” ”patate” etc… ces phrases me font trés mal ces personne me frappe aussi je me demande si il ne serait pas mieux de se suicider… ?

    j'aime 2
    • Bonjour,
      Tu décris une situation de violence, physique et verbale, très grave et nous fais part de tes idées noires. Ton message laisse paraître que tu es en grande souffrance. Il est important que tu ne restes pas seule avec tout ça, tu as besoin de soutien en ce moment. Si tu as envie de parler avec un professionnel de l’équipe Fil Santé Jeunes, tu peux nous joindre dans notre espace : « Pose tes questions », ou pour une réponse immédiate nous appeler au 0800 235 236 ou nous contacter sur le chat’. Notre dispositif est anonyme et gratuit et nous sommes ouverts tous les jours de 9h à 23h (22h pour le chat’). N’hésite pas, nous sommes là pour toi !

      Si tu as envie d’avoir le soutien et le témoignage d’autres jeunes, tu peux également poster un message dans notre Forum.

      L’équipe Fil Santé Jeunes

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  2. Bonjour, je me suis fait insulter par une camarade de classe alors que je parlais à une autre camarade de classe. En levant la voix, elle m’a dit je cite “Ferme ta gueule, toi”. L’utilisation du terme “toi” me déshumanise et me fait devenir une chose, une merde. J’en vient ici pour comprendre, pourquoi suis-je une merde, un être sans importance pour qu’on puisse me déshumaniser de la sorte. :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure: :unsure:

    j'aime 7
    • Bonjour,
      Personne n’a le droit de t’insulter, ou de te rabaisser. Ne reste pas seule avec ces mots qui t’ont blessé. Cependant, l’espace commentaire n’est pas véritablement un espace d’échange. Tu peux poster un message dans notre Forum si tu souhaites avoir l’avis et le témoignage d’autres jeunes. Et si tu souhaites échanger avec un professionnel de l’équipe, tu peux nous joindre dans notre espace : « Pose tes questions », ou pour une réponse immédiate nous appeler au 0800 235 236 ou nous contacter sur le chat’, le dispositif est anonyme et gratuit. Nous sommes ouverts tous les jours de 9h à 23h (22h pour le chat’). N’hésite pas !
      L’équipe Fil Santé Jeunes

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  3. Bonjour je suis très intéressé par votre article car je suis entrain de faire mon travail de fin de cycle en psychologie avec comme sujet: violence verbale et estime de soi chez les adultes vivants encore chez leurs parents. J’aimerais savoir si vous n’auriez Pas un instrument pour mesurer la violence verbale.
    Merci

    j'aime 5
    • Bonjour,
      Pour une réponse personnalisée de l’équipe Fil Santé Jeunes, tu peux nous joindre dans notre espace : « Pose tes questions », ou pour une réponse immédiate nous appeler au 0800 235 236 ou nous contacter sur le chat’, le dispositif est anonyme et gratuit. Nous sommes ouverts tous les jours de 9h à 23h (22h pour le chat’).
      L’équipe Fil Santé Jeunes

      j'aime 5
  4. moi aussi ,la personne que j’ai tant aime m’a fait bcp de mal en m’insultant pas mal de fois!!! il m’accuse de lui faire subir un chantage affectif , mais je ne lui ai jamais manque de respect, je sais que c’etait une bonne personne, mais je ne comprend pas cette haine a mon egard , meme quand je lui ai avouer mes sentiments; cet homme a moque de moi; c’etait trop blessant ! je ne sais pas s’il m’aime ou pas , et je me demande constamment si une personne peut blesser une autre pour egalement cacher ses sentiments ???

    j'aime 14
    • Bonjour,
      Pour une réponse personnalisée de l’équipe Fil Santé Jeunes en toute confidentialité, n’hésite pas à nous joindre dans notre espace : « Pose tes questions », nous contacter par chat’ ou nous appeler au 0800 235 236, la ligne est anonyme et gratuite. Nous sommes ouverts tous les jours de 9h à 23h (20h pour le chat).

      Si tu souhaites le soutien ou les témoignages d’autres jeunes nous t’invitons à venir sur nos Forums.

      L’équipe Fil Santé Jeunes

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  5. Les personnes qui vous blessent avec leurs mots savent qu’elles font du mal, faut arrêter de penser qu’ils l’ont sur la conscience je suis sûr qu’ils dorment très bien la nuit et qu’ils s’en moquent. Moi j’ai décidé de ne plus me laisser faire quand mon père décide de m’humilier avec ces mots, de me rabaisser et de m’humilier. Maintenant il va voir de quels bois je me chauffe. On récolte ce que l’on sème.

    j'aime 8
    • Bonjour,
      Tu sembles souffrir dans ta relation avec ton père. Nous t’invitons à nous contacter. Pour obtenir une réponse individualisée et gratuite de la part d’un professionnel de l’équipe tu peux nous joindre dans notre espace confidentiel : « Pose tes questions » ou nous appeler au 0800 235 236, la ligne est anonyme et gratuite. Nous sommes ouverts tous les jours de 9h à 23h.
      A bientôt.
      L’équipe Fil Santé Jeunes

      j'aime 7
  6. Les mots sont plus que des armes. ils sont dotés d’un pouvoir qui dépasse parfois l’entendement de l’homme. voila pourquoi ils font tres mal. *****stephane *********

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    • Bonsoir,
      Un simple mot peut te briser de l’interieur d’une telle manière que tu ne peut pas le décrire avec des mots….Surtout lorsque ces mots viennent d’une personne à qui tu tiens énormement (famille, meilleur(e)ami(e), etc..).
      Cette citation est pour ceux qui souffre, alors qu’ils méritent une vie plein de bonheur: “Une personne forte n’est pas celle qui ne pleure jamais. Une personne forte est celle qui peut fondre en larmes par moments, pour ensuite reprendre les armes et continuer de se battre”!
      Courage !!!

      j'aime 11
  7. Les mots effectivement me font plus mal que la douleur physique je confirme…
    Je hais les gens à cause de leurs mots… De leur jugements, regards.. Sauf que c’est moi qui trinque. Je ne vais me venger que sur moi même parce qu’on font c’est moi qui fout la merde partout ou je vais…

    (***)

    j'aime 19

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